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Le congrès au cœur du Conseil national de l’USFP

Mission difficile ce 11 janvier pour Abdelouahad Radi à qui est revenue la délicate tâche de mener les travaux du 9ème conseil national de l’USFP. L’homme a l’habitude des débats, pour avoir présidé, deux mandats durant, la Chambre des représentants.
Dès l’ouverture du conseil national aux environs de 10h30, A. Radi a pris le soin de mettre en exergue l’importance de la réunion de ce vendredi.
«Que les membres du conseil national soient à la hauteur des attentes des militants et des opinions publiques nationale et internationale ».
Plus qu’un effet de style ou des précautions d’usage, la référence a le mérite d’être claire : quelques instants auparavant, des membres de la Chabiba Ittihadia ainsi que des membres du secrétariat régional du Nord n’avaient pas reçu leur badge de participants. Le conseil national s’ouvre et dès les premières minutes, Radi fait le vœu de réussite des travaux de cette instance. « Tous les sujets seront débattus, sans exception », a-t-il promis. Autrement dit, les Ittihadis étaient invités à s’exprimer sans retenue. Avec toutefois, une devise chevillée au corps des militants socialistes : l’union du parti doit être au-dessus de toutes les considérations politico-politiciennes.
Deux points à l’ordre du jour d’un conseil national très attendu : la présentation du rapport consacré à l’évaluation des élections –en filigrane, le recul électoral de l’USFP, la gestion des candidatures, etc- ainsi que le rapport du bureau politique consacré à la situation politique et plus précisément à la situation de l’USFP depuis la tenue du dernier conseil national. Bref une analyse de l’instance exécutive du parti de la rose sur cet entre-deux conseils nationaux où les militants ont assisté à la démission du premier secrétaire national et du premier secrétaire adjoint de leurs postes.
Radi a tout juste le temps d’achever sa présentation de l’agenda de travail que les premiers points d’ordre fusent. Il s’agit d’abord de régler les cas de la Chabiba Ittihadia et de militants du Nord qui, face aux caméras, ont improvisé une mini-manifestation. Le président de séance l’a promis. Tous ceux qui réclament la parole l’auront. Et il s’en tiendra à sa promesse. Pendant plus de 2H30, ce sont les problèmes politico-organisationnels qui vont prendre le dessus. Ce 11 janvier, le conseil national a visiblement décidé d’en découdre avec tous les problèmes en suspens avant d’entamer le vif du sujet et les points à l’ordre du jour de cette grand-messe des Usfpéistes. L’exercice, salutaire car ayant les contours d’une vraie catharsis pour des militants qui vivent profondément les problèmes traversés par leur famille politique, a fait avancer le débat et ceux du conseil national, principale instance de décision après le congrès, ont eu le sentiment de s’être approprié un débat qui est d’abord et avant tout le leur.
D’une intervention à l’autre, les militants ont pu régler les problèmes qui se posaient. D’abord le cas de la Chabiba. A. Baïna explique les tenants et les aboutissants de l’affaire. Le règlement fondamental, contrairement au règlement, interne ne stipule pas le fait que le bureau national de la Chabiba est membre, ès-qualité, du conseil national. Une question d’interprétation des textes plane dans la salle.
L’invitation à l’exégèse se fait de plus en plus pressante. Les jeunes de la Chabiba n’en finissent pas de réclamer leur droit à la participation, d’autant qu’ils avaient, arguent-ils, participé aux travaux du dernier conseil national de l’USFP qui avait donné mandat au Bureau politique de gérer la participation gouvernementale.
Après une heure de débats, de protestations et de revendications, Radi pose enfin la vraie question : faut-il prendre une décision politique et permettre la participation de la Chabiba ou s’en tenir aux textes ? Il est midi. La question est soumise au vote. Le conseil national décide dans sa large majorité, la participation du bureau national de ce secteur de l’USFP. « Qu’on leur remette les badges et ceci est également valable pour les militantes du bureau national du secteur féminin », lance le président de séance, soulagé de voir un problème enfin réglé.
Et ce n’est pas fini. Les militants venus du Nord ont eux aussi des revendications plein la besace. 5 cas, principalement à Larache et Tétouan, doivent être traités et concernent des Usfpéistes qui se sont présentés sous d’autres étiquettes partisanes ou en candidats SAP. Le cas d’Achboune de Tétouan retient toute l’attention. Achboune est-il toujours membre du conseil national ? S’est-il placé hors du parti en se présentant en candidat sans appartenance politique ?

Une commission d’arbitrage pour se prononcer sur les cas en suspens

Ahmed Zaïdi, le chef du groupe parlementaire à la première Chambre, prend la parole pour demander des éclaircissements sur le cas « Achboune » qui, dit-on, aurait rejoint le groupe parlementaire de Fouad Ali Al Himma. Plus tard, les réponses tombent. Zaïdi qui avait été chargé de jouer les émissaires auprès du député de Tétouan annonce aux militants que Achboune, qui nie son appartenance à un quelconque groupe, va adresser une lettre d’explications aux parlementaires de l’USFP. Dans la foulée, la commission d’arbitrage est chargée d’étudier les 5 cas et de rendre sa copie dans 15 jours. « C’est le prochain conseil national qui décidera du sort de ces militants qui se sont placés en dehors du parti », annonce A. Radi avant d’être confronté à un nouveau point d’ordre : l’introduction du prochain congrès national de l’USFP dans l’ordre du jour, une proposition qui sera acceptée.
Les travaux du conseil national peuvent enfin commencer. C’est Rachida Benmessaoud, membre du Bureau politique, qui lira le rapport politique élaboré par l’instance exécutive du parti. Un rapport sans concessions qui procède à une analyse de la situation de l’USFP depuis la préparation du scrutin du 7 septembre. Le 8ème congrès du parti qui se tiendra au plus tard au printemps 2008 sera celui de la rénovation tant au niveau de la ligne politique que des structures organisationnelles. L’Union socialiste des forces populaires est prête à procéder à son autocritique et à reconnaître ses erreurs pour mieux rebondir et reconquérir une popularité qui était la sienne.
Le discours usfpéiste retrouve déjà du tonus. Le rapport politique a pointé le recul de la méthodologie démocratique dans la formation du gouvernement. De même qu’il s’est inquiété du fait que certains secteurs gouvernementaux échappent à la gestion gouvernementale alors que des décisions diplomatiques impromptues sont prises loin du circuit exécutif. La question de la réforme constitutionnelle et politique est aujourd’hui une urgence aux yeux des Ittihadis qui, d’ores et déjà, ont demandé à leurs ministres de défendre les pouvoirs du gouvernement et du premier ministre.

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