 A l'approche des prochaines échéances électorales, l'affaire des députés démissionnaires pour briguer un siège à la Chambre des conseillers continue de susciter la polémique au sein de la classe politique nationale. Lors de la réunion de la Commission de l'intérieur, de la décentralisation et des infrastructures, tenue jeudi au Parlement, en présence de Chakib Benmoussa, ministre de l'Intérieur et Fouad Ali Al Himma, ministre délégué à l'Intérieur, Driss Lachgar, président du groupe socialiste à la Chambre des représentants, n'a pas hésité à tirer à boulets rouges sur cette pratique, en qualifiant de «trahison» la démission d'une dizaine de députés pour postuler à de nouveaux mandats au sein de la Chambre des conseillers.
Criant au scandale en mettant en avant des considérations d'ordre éthique, il a affirmé qu'une telle démarche constitue un grave précédent dans les annales parlementaires et augure des dépassements que pourrait connaître le prochain scrutin.
M. Lachgar faisait allusion à ce qui était arrivé en 1981 quand le groupe parlementaire de l'USFP avait présenté sa démission de la Chambre des représentants. A cette époque, Feu Hassan II avait estimé que cette démission constituait une hérésie. Il a indiqué qu'un député ayant obtenu l'accréditation d'un parti et les voix des électeurs devraient normalement agir en respect de ces deux éléments. Il est censé représenter et défendre les intérêts des citoyens ayant placé leur confiance en sa personne.
Le responsable socialiste a également affirmé que l'ensemble des composantes de la société marocaine sont attachées à la défense du projet démocratique moderniste, en vue de lutter contre toute tentative d'altération de l'opération électorale relative au renouvellement du tiers des membres de la Chambre des Conseillers, prévue le 8 septembre.
M. Lachgar a souligné la nécessité de faire face avec détermination à ce phénomène, étant donné qu'il ne s'agit pas seulement de dévoiement de l'opération électorale, mais d'une trahison des espoirs des citoyens.
Il a indiqué que le traitement de ce phénomène à l'heure actuelle «demeurera partiel car le véritable traitement, en dépit des efforts de l'Etat, réside dans une réforme politique et constitutionnelle de la deuxième chambre», estimant que l'élection des membres de cette Chambre par un électorat limité facilite l'achat des voix.
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