|
La bataille des « tazkiates », ce sésame pour les législatives, aura-t-elle lieu ? Les déchirements, les choix difficiles, les dilemmes, les portes qui claquent et les vestes qui se retournent seront-ils, une fois de plus, l’incontournable image de politiques au bord de la crise de nerfs ?
Depuis plusieurs semaines déjà, les partis de la Koutla sont tout à la sélection des candidats qui vont les représenter au scrutin du 7 septembre prochain.
D’une formation politique à l’autre, des mécanismes ont été mis en place pour que les candidats à la candidature puissent faire entendre leur voix et manifester leur volonté de battre la campagne aux législatives. « Un test pour la démocratie, car il s’agit avant tout de respecter les ambitions légitimes des militants et en même temps, et c’est le plus difficile, de faire en sorte que c’est pour un siège que nous nous battons et qu’il faut bien l’obtenir », confie un dirigeant politique.
L’équation est donc bien réelle : gérer les ambitions des uns et des autres et remporter une circonscription. « A l’heure des discours sur la modernité, une chose est claire, le concept de fief est loin d’être un vain mot. En principe, les partis doivent être des machines à remporter les élections. C’est cela la conquête du pouvoir qui est à la base la vocation des politiques», explique un politologue de la place.
A l’USFP, l’appel à candidature a débuté aux premiers jours d’avril. Les militants des secrétariats régionaux et provinciaux ont reçu une lettre du Bureau politique les invitant à tenir réunion pour procéder à des propositions de candidatures aux législatives. « Etaient bien évidemment concernés ceux de ces instances régionales et provinciales qui voulaient se faire candidats à la candidature et qui pouvaient également proposer des candidatures. Des réunions ont eu lieu, sous la houlette du Bureau politique, à travers le Maroc. Il y a eu des revendications, des consultations menées à un niveau plus élargie, des militants de base qui ont manifesté leur souhait d’être candidats à la députation », affirme un quadra de l’Union socialiste des forces populaires.
Une deuxième missive de l’instance exécutive du parti de la Rose est venue demander aux régions et provinces d’élargir leur consultation auprès des sections pour ne priver aucun militant de son droit à la candidature. Dans la foulée, des correspondances sont adressées dans le même sens aux membres du Conseil national, du secteur féminin et de la Chabiba.
Large consultation qui devait donc se dérouler du 6 au 22 avril. Un délai qui a été parfois allègrement dépassé puisque les dernières réunions de secrétariats régionaux ou provinciaux se sont tenues le week-end passé. Un groupe de travail émanant du bureau politique a été constitué et se consacre à la réception des candidatures qui ont été envoyées par les différentes instances : secrétariats régionaux et provinciaux, Conseil national, jeunesse ittihadia, secteur féminin. A la fin de l’opération, le groupe de travail ad hoc va établir un rapport et formuler une proposition au Conseil national qui, réuni en principe en juin, devrait avoir le dernier mot sur les candidatures usfpéistes aux législatives. « Il ne faut pas se leurrer. Cela ne va pas toujours être facile et des cas vont très probablement nécessiter une gestion particulière ».
Liste nationale: une liste
à trois têtes
C’est sensiblement la même méthode qui a été adoptée par le PPS de Ismaïl Alaoui pour la moisson des candidats à la candidature. « Les critères strictement idéologiques n’ont plus malheureusement cours, ce sont des mécanismes qui sont mis en place », soupire le leader des ex-communistes.
Ainsi, ce sont les sections provinciales qui font des propositions de candidatures au conseil de la région –une structure du PPS- qui, après les avoir validées, les transmet au comité central, l’instance délibératrice du parti. «Si un consensus est impossible au sujet de candidatures, les membres du BP seront invités à jouer les Messieurs Bons Offices pour parvenir à un accord. Si l’accord est impossible à trouver, alors nAutres chroniques :
Le gardiennage et le transport de fonds encadrés par la loi
ous trancherons dans le vif », affirme un cacique du parti fondé par Ali Yata. Et ce 29 avril, les régions se sont réunies et ont soumis au Bureau politique leurs propositions. « En fait, nous sommes en train d’étudier les 70 listes qui nous sont parvenues et nous les soumettrons au comité central qui se réunira le 19 mai prochain. Quant à la liste nationale, le PPS est toujours en train d’étudier les profils des candidates. Il faut savoir que c’est ici une liste à trois têtes pour cause de seuil fixé à 6%, soit trois femmes sont élues, soit aucune militante du PPS ne siégera sous la coupole. Il est impératif dès lors de faire le bon choix », soutient Rahal Zakraoui en charge du dossier des candidatures au sein du PPS.
591 militants istiqlaliens, dont 48 femmes pour la liste nationale et 25 candidates sur les listes régionales –le parti a fait le choix de refuser les candidats transfuges- ont fait acte de candidature. Des critères (âge, rayonnement, niveau culturel…) et une grille de notes ont été établis pour la sélection de celles et ceux qui vont porter les couleurs de l’Istiqlal lors du scrutin de septembre prochain. Deux ministres du parti créé par Allal Al Fassi, Taoufiq Hjira et M. Zahoud, ne se présenteront pas aux législatives. Yasmina Baddou, Karim Ghellab ou encore M’Hamed Khalifa seront bien, eux, dans la course à la députation.
Narjis Rerhaye
|