Bureau Politique
Jeunesse Socialiste
Femme Socialiste
Médias
Administration
Commissions
Webmaster


Nouvelles
Pourquoi  veut-on salir la mémoire de Ben Barka ?

Une fois de plus, Mehdi Ben Barka  fait l'objet d'une
campagne de calomnies et de mensonges. Nous avons
l'habitude de ce genre de tentatives de dénigrement
qui visent un des symboles du mouvement de libération
national.
Mehdi Ben Barka était une personnalité exceptionnelle.
Les années qui se sont écoulées depuis sa disparition
ne font que confirmer qu'il est toujours présent dans
la mémoire collective de tous les Marocains.
On prétend aujourd'hui que Mehdi Ben Barka était un
agent d'un pays de l'Est comme on a prétendu
auparavant que Bouabid avait des liens avec Oufkir
quand ce dernier préparait son coup d'Etat du 16 août
1972.
Et chaque fois, on est obligé d'être vigilants face à
ces tentatives visant à déstabiliser notre conscience
à des moments choisis par les ennemis de la
démocratie.
On est allé jusqu'à dire, lors d'une émission récente
de la télévision française, consacrée à Mehdi Ben
Barka, que ce dernier était derrière la nomination
d'Oufkir à la Direction de la Police en 1960. Ceux qui
ignorent les réalités de l'histoire finiront par
croire qu'effectivement Mehdi en tant qu'homme ayant
eu de hautes responsabilités à l'aube de
l'indépendance, était derrière cette nomination.
Or en juillet 1960 quand Oufkir avait remplacé
Laghzaoui à la DGSN, Mehdi vivait à l'étranger et ce
depuis le 21 janvier 1960.
Il faut rappeler que la dernière fois que Mehdi avait
rencontré   Mohammed V et le Prince Moulay Hassan,
c'était le 5 juillet 1959 au port de Tanger lors d'une
cérémonie officielle avant le départ de S.M le Roi en
Europe.
En août 1959, lors de leur congrès à Agadir, les
étudiants avaient pris position contre des officiers
des F.A.R, ceux-là mêmes qui vont comploter en 71 et
72 contre SM le Roi.
On accusait Ben Barka d'être derrière les résolutions
du congrès et c'est pourquoi des rumeurs circulaient
sur une arrestation possible de celui qui était,
quatre mois auparavant, président de l'Assemblée
consultative.
Dans cette ambiance politique, très tendue, s'est tenu
à Casa, le 6 septembre 1959, le Congrès constitutif de
l'UNFP.
Quelques jours plus tard, Mehdi quitte le Maroc pour
quelques mois espérant que la crise sera atténuée
après son retour début décembre 59.
Finalement son retour coïncide avec ce que des
journaux français avaient  qualifié de première
"épreuve de force" au Maroc indépendant.
En décembre 1959, le gouvernement Abdallah Ibrahim
avait un an, et il faut rappeler que le nom de Mehdi
Ben Barka était encore sur la liste des membres de ce
cabinet quelques heures avant son investiture, le 24
décembre 1958
Mehdi a donc été éloigné des centres de décision
depuis  décembre 1958, soit un an et demi avant la
nomination d'Oufkir à la DGSN. Il sera absent du Maroc
du 21 janvier 1960 au 15 mai 1962.
Il ne faut donc pas être sorti de Polytechnique pour
en déduire que Mehdi, absent du Maroc, ne pouvait être
derrière la nomination d'Oufkir à la tête de la
police.
Cela nous pousse à être vigilants et à faire attention
à tout ce qu'on colporte sur Mehdi Ben Barka, qui,
vivant ou mort, dérange toujours ceux que Bouabid
avait qualifié d'ennemis de la démocratie au Maroc.
Ceux qui ont éliminé Ben Barka en 1965, pensaient
qu'ils pouvaient liquider un adversaire politique
dangereux. Ils ont compris à ce moment-là que Mehdi
sera toujours présent et qu'ils auront affaire, et
pour longtemps, à sa mémoire.
Il y a quelque temps, Boubker Jamaï et Ali Lamrabet
avaient fait circuler une rumeur selon laquelle Mehdi
était en contact avec le Mossad. D'autres installés
récemment dans le paysage politique, pensent qu'ils
peuvent avancer n'importe quoi sur Mehdi et dire par
exemple que c'était un agent des services secrets d'un
des pays de l'Est.
On peut imaginer quel sera le prochain service
d'espionnage qui sera la prochaine fois "ex-patron" de
Mehdi. Il faut rappeler que durant sa vie et après son
assassinat, on a souvent entendu dire de Ben Barka
qu'il n'avait comme idéal que l'argent !!! Si c'était
le cas, Mehdi ne serait pas allé par quatre chemins
pour attendre ce but.
Au lendemain de l'indépendance, il aurait pu se dire :
"J'ai accompli mon devoir et je suis en droit de tirer
ma part des profits !". C'était un choix que d'autres
ont adopté. Mehdi les avait qualifiés de retraités
politiques et disait que la fin du Protectorat nous
met devant d'énormes responsabilités. C'était la voie
que Ben Barka avait choisie durant la première
décennie de l'indépendance, c'est-à-dire depuis le
retour de Mohammed V (16 novembre 1955) jusqu'à sa
disparition (29 octobre 1965).
Ceux qui l'ont côtoyé se rappellent qu'il vivait
modestement, pas de luxe ni confort : il recevait ses
invités chez lui, au Maroc et à l'étranger, et
cuisinait lui-même le repas du jour et du soir, pour
réduire les frais et pour des discussions plus intimes
à la maison.
Si Mehdi avait comme but de s'enrichir, il aurait
laissé une fortune à ses quatre enfants. Ceux qui
connaissent Mehdi et ses enfants savent qu'il a laissé
à ses quatre enfants ce qui est plus important : une
mère qui a veillé à leur éducation quand ils ont perdu
à jamais le grand homme qui était leur père alors
qu'ils avaient à peine entre sept et quatorze ans.
Ils n'ont jamais connu les privilèges comme c'est le
cas pour d'autres sans mérite. Les enfants de Mehdi
vivent aujourd'hui comme n'importe quel salarié obligé
d'avoir un emploi pour affronter la vie : Bachir est
professeur à Belfort, Saad est ingénieur à Paris,
Mansour est aussi ingénieur en Suisse, tandis que Fawz
est biologiste dans un hôpital parisien.  
C'est la seule fortune dont ces quatre enfants ont
hérité d'un grand combattant.
Pourquoi cherche-t-on à salir la mémoire de Ben Barka
?
Quand Ben Barka était rentré au Maroc d'un exil
volontaire, pour participer au deuxième congrès de
l'UNFP, son avion avait atterri à Rabat-Salé  le 15
mai 1962, venant de Prague.
Mehdi avait des amis partout dans le monde, dans les
capitales arabes, d'Afrique, d'Asie, d'Europe de l'Est
ou de l'Ouest, d'Amérique latine, etc ... Il avait des
amis parmi les officiels, les dirigeants de partis ou
de membres de comités de solidarité afro-asiatique, ce
rayonnement international dérangeait beaucoup au
Maroc. Charles de Gaule, qui venait de retourner à
Matignon en 1958, avait reçu longuement celui qui
était encore au Maroc, le président de l'Assemblée
consultative, pour une discussion sur les possibilités
de la fin de la guerre d'Algérie, cette audience a
soulevé au Maroc quelques remous de la part des
adversaires de Mehdi.
C'est ce grand homme qu'on vient encore aujourd'hui
présenter sous un visage qui n'a rien à voir avec le
vrai Mehdi Ben Barka.
Quand on a parlé des liens avec le Mossad israélien,
on a raconté que Mehdi avait demandé à Tel-Aviv de
l'aider pour en finir avec la monarchie au Maroc.
Selon Ali Lamrabet, les services israéliens ont alerté
Oufkir, et depuis lors les services marocains et
israéliens sont devenus des amis.
En fait on essaie d'utiliser des informations selon
lesquelles Mehdi, qui avait des amis parmi les
citoyens marocains de confession juive, incitait ces
derniers à rester au Maroc, leur pays devenu
indépendant, en tant que richesse humaine, dont le
Maroc avait besoin, au lieu de partir en Israël.
Si cette politique avait abouti, le Likoud israélien
n'aurait pas obtenu le grand soutien électoral des
citoyens marocains de confession juive. Quant à ce que
pense Mehdi d'Israël, il l'a franchement exprimé
quelques mois, avant sa mort, devant le congrès des
étudiants palestiniens tenu au Caire le jour où il a
parlé du danger d'Israël en Afrique.
Et on se souvient que ces propos étaient une des
raisons d'une éventuelle participation du Mossad, aux
préparatifs du rapt de Mehdi Ben Barka.
Les calomnies et mensonges sur ce grand homme ne
datent pas d'aujourd'hui, juste après son enlèvement
le 29 octobre 1965, la RTM contrôlée par Majid
Benjelloun, très proche d'Oufkir, disait que "le nommé
Mehdi Ben Barka a été  enlevé à Paris, par ses amis,
membres d'un réseau de trafiquants de drogue !!!".
A travers les années, les romans-fictions sur Mehdi
Ben Barka se succèdent et ne se ressemblent pas, nous
disons à ses détracteurs qu'il est toujours là,
défiant les créatures ignobles et ignares. Il faut
dire que chaque fois que Mehdi vivant ou mort, fait
l'objet d'agression, ses ennemis subissent échec après
échec.
Le 16 novembre 1962, Oufkir et Dlimi avaient envoyé à
partir de Dar Al Mokri des agents du Cab 1 aux
environs de Bouznika pour assassiner Ben Barka en
organisant un accident de circulation près du pont de
Oued Cherrat.
Mustapha Alaoui, responsable du journal Al Ousbou,
avait parlé dans son autre journal "Akhabar Addounia"
qu'il s'agissait d'un accident. Mais Mehdi a pu
survivre pour donner sa version des faits: il s'agit
d'un attentat organisé en bonne et due forme!
Trois ans après, les mêmes Oufkir et Dlimi pensaient
qu'il était possible de faire disparaître discrètement
un grand homme comme Mehdi, à travers les années,
éclatait alors "l'affaire Ben Barka".
Et "l'affaire", c'était le ministre de l'Intérieur du
Maroc qui était parti à Paris pour veiller
personnellement sur le déroulement d'un crime
politique.

L'Express avait consacré durant des mois, des séries
de dossiers sur "l'affaire", aujourd'hui l'Express
préfère nous présenter un Mehdi Ben Barka qui n'a rien
à voir avec le vrai.
Depuis quelques mois, l'hebdomadaire français, dans le
cadre d'une campagne publicitaire sur le Maroc, nous a
informés qu'au Maroc, il y a une nouvelle gauche et
ses trois dirigeants avaient droit à la Une.
Il s'agit de Mohamed Sassi, Mohamed Hafid et d'Ahmed
Moujahid.
Il s'agit là peut-être d'une marchandise exportée pour
être réimportée après emballage pour une large
consommation locale. Un quotidien local a repris tout
de suite les calomnies selon lesquelles Mehdi était
espion pour le compte des Tchécoslovaques !
Pourquoi cherche-t-on à salir la mémoire de Ben Barka
? Pourquoi s'acharne-t-on sur un grand martyr ?
On se souvient que certains comparaient Mehdi à Ché
Guevara.
Les deux étaient certes des symboles de la lutte
contre l'impérialisme.  Quelles que soient les raisons
de cette similitude vraie ou fausse  entre Ben Barka
et Guevara, on peut se poser une question : pourquoi
personne ne cherche à salir la mémoire de Ché, alors
que Mehdi est toujours l'objet d'attaques calomnieuses
?
La réponse est simple : Mehdi avait créé un parti
politique (l'UNFP devenu l'USFP) qui est l'incarnation
de ce que disait Mehdi : "La vraie politique est la
politique du vrai".

Abdellatif Jebrou

Habib El Malki: “C’est le social qui tirera la croissance vers le haut”


Élection du bureau politique de l'USFP :
Driss Khrouz, directeur général de la Bibliothèque nationale :
La Fédération renforce sa présence à la Chambre des conseillers
Fathallah Oualalou brigue le poste de 1er secrétaire de l’USFP
Union de la gauche:
REFLEXIONS SUR LA REFONDATION DU MOUVEMENT SOCIALISTE (1)
Habib El Malki: “C’est le social qui tirera la croissance vers le haut”