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Dans les rangs de la majorité, c’est le même parfum de mobilisation qui flotte à quelques mois des législatives. Les partis au gouvernement se préparent aux législatives, prêts à défendre un bilan " dont ils n’ont pas à rougir ", assure Khalid Naciri, membre dirigeant du PPS.
En recevant la presse, la semaine passée, le Premier ministre -chef non partisan d’une majorité politique plurielle - avait déclaré que c’est à la majorité de défendre un bilan qui est le sien allant jusqu’à lui demander de se l’approprier.
" Mais c’est un devoir que de défendre le bilan gouvernemental. Il est de notre devoir aussi de rendre des comptes aux électeurs. Il y a quatre ans, une déclaration gouvernementale a été présentée devant le parlement. Nous y avions fixé des objectifs clairs. La majorité a alors investi de sa confiance au gouvernement. Avons-nous tenu nos promesses ? Et au prix de quels efforts et quelle mobilisation humaine et financière l’avons-nous fait ?
C’est à cela qu’il nous faudra répondre d’autant que l’élément-clé d’une démocratie est de se mettre entre les mains, si j’ose dire, des urnes et de faire jouer le contrôle des électeurs ", soutient l’usfpéiste ministre de la culture Mohamed Achaari.
Dans les cénacles d’une majorité que composent cinq partis –USFP, Istiqlal, PPS, MP et RNI- on a désormais l’œil rivé sur le rendez-vous électoral. Les politiques s’y préparent. Le gouvernement aussi. La majorité ira en campagne, forte d’un bilan gouvernemental que les services de la primature sont en train de préparer à 8 mois des législatives. Mieux encore, ces mêmes partis participeront aux élections munis d’une ébauche de programme –que chaque parti peut adapter selon ses idées, ses principes et ses valeurs- élaboré par une équipe proche du chef de l’Exécutif. Il s’agit en fait d’un document qui décline le Maroc en 2012, définit les priorités et met en lumière les chantiers à poursuivre.
Bref, les politiques de l’actuelle majorité battront la campagne –c’est une première- armés des grands axes d’un programme gouvernemental étalé sur les cinq prochaines années. " La majorité actuelle a toutes ses chances lors de ce scrutin. Le Maroc est aujourd’hui bien orienté. C’est aux Marocains de protéger leurs acquis en participant massivement aux législatives et de choisir ceux qui les gouverneront " avait déclaré, il y a quelques jours, Driss Jettou aux journalistes
" Les partis de la majorité iront aux élections en assumant pleinement leur participation au gouvernement, dans ses réussites comme dans ses faiblesses. Il ne faut pas que la majorité se défausse de ses responsabilités. Elle a fonctionné tant bien que mal et n’a pas à rougir de son bilan. L’erreur à éviter est bien celle de voir chacune des composantes de cette majorité tirer la couverture à elle. C’est un jeu pervers qui la fragiliserait ", prévient K. Naciri qui en appelle jusqu’au bout, c'est-à-dire jusqu’au verdict des urnes, à une solidarité dans l’action gouvernementale.
Le bilan gouvernemental est au cœur des préparatifs de campagne des uns et de autres. Fini le temps de l’improvisation et du " c’est pas moi, c’est l’autre ". " Les électeurs sont là pour sanctionner sur la base d’un bilan. Il faut dépasser définitivement la période où les élections n’étaient que des promesses. Les élections aujourd’hui, ce n’est pas seulement être créatif dans les propositions mais c’est aussi et surtout la capacité dont on fait preuve à gérer les affaires de l’Etat. On ne reconduit pas une majorité sans regarder au préalable son bilan. On ne fait pas non plus appel à une nouvelle majorité si on a une équipe qui gagne. Ce sont là les premiers signes de la maturité démocratique, " explique un Mohamed Achaari convaincu que " le vote n’est pas creux, il faut lui donner un sens, de sanction ou de confiance ". " Nous avons dépassé ce que nous avions annoncé lors de la déclaration gouvernementale. C’est une réalité palpable au quotidien ", ajoute ce membre du bureau politique de l’USFP.
La majorité a déjà les élections plein la tête. Et elle n’est pas la seule. La Koutla, premier cercle de la majorité, s’est donné rendez-vous à la mi-février pour trancher sur une approche commune en matière de programme électoral, de stratégie électorale et de réforme constitutionnelle. " Il se dégage une approche largement consensuelle entre les partis de la Koutla qui va affronter les élections en rangs unis. Nous sommes dans une bonne configuration", conclut un membre dirigeant du Bloc démocratique.
Narjis Rerhaye
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