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Mobilisation toute sur le front intérieur. C’est désormais le mot d’ordre depuis que le Souverain a donné le coup d’envoi, en début de semaine, d’une série de rencontres au sein du Cabinet du royal au sujet de la proposition marocaine d’autonomie au Sahara. Après qu’un conseiller royal, Mohamed Moatassim, a tenu réunion avec le premier ministre et le président de la chambre des députés et de celui des conseillers, c’était au tour du conseil de gouvernement, jeudi, de consacrer une bonne partie de son ordre du jour à l’autonomie dans les provinces du Sud.
" Il s’agit d’une première vague de consultations qui se tiennent à l’issue du discours royal de novembre 2005. Souvenez-vous, SM le Roi avait appelé les partis, le CORCAS, les notables et représentants de tribus de la région de livrer leur vision sur la question. Les uns et les autres l’ont fait et ont remis leur copie à qui de droit. Il y a eu par la suite tout un travail de convergence et d’harmonisation entre les différents documents remis. A présent, nous avons affaire à une première mouture de projet non détaillée et non définitive. C’est ce qui a été présenté aux partis, au gouvernement et c’est ce qui le sera aux membres du CORCAS ", explique le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah.
Visiblement, cette opération d’information solennelle de l’état d’avancement du projet d’autonomie au Sahara et construite sur la concertation. " Il s’agit au final de présenter à la communauté internationale un projet qui fédère le front intérieur. L’adhésion des différents acteurs marocains au projet est essentielle ", souligne ce membre du gouvernement.
La version définitive du projet d’autonomie n’est pas encore fin prête mais les grandes en ont été tracées et les principes posés. "En fait il s’agit de trois grands principes. D’abord la souveraineté marocaine et la consolidation de l’unité territoriale. L’autonomie se fera donc dans le cadre du respect de la souveraineté nationale.
Ensuite la prise en considération des spécificités sociales et culturelles du Sahara. Enfin, le respect des normes internationales vigueur en matière d’autonomie", précise un dirigeant politique.
"C’est une autonomie qui répond aux normes internationales en vigueur et elle est opposable à la communauté internationale. Le projet est conçu dans la souveraineté marocaine et respecte la légitimité internationale et les normes d’autodétermination, les sahraouis jouiront de l’autonomie dans la gestion de leurs affaires politiques, économiques, sociales et culturelles.
Il s’agit donc de compétences exclusives de l’autorité autonome", avait expliqué il y a quelques à la presse celui qui préside aux destinées du Conseil , précisant que le projet en question n’est pas une régionalisation avancée ni une région élargie mais bel et bien une autonomie avec des prérogatives clairement définies ne souffrant la moindre ambiguïté.
Concrètement, les structures de l’autonomie seront incarnées par un parlement fédéral, un gouvernement local et une autorité judiciaire. "Tout a été prévu, jusqu’aux instances d’arbitrage. Il est clair et net qu’il n’y aura pas de place au conflit entre l’Etat central et l’autorité autonome".
Ce sont précisément ces structures et ces prérogatives qui ont été présentées jeudi, en conseil de gouvernement, par le ministre de l’Intérieur. Et les membres de l’Exécutif ont eu tout le loisir d’écouter les explications de Chakib Benmoussa.
"Les choses prennent forme et l’information circule. Mais il est clair que la version finale ne sera dévoilée qu’au moment voulu, c'est-à-dire en avril lors de sa présentation devant les instances onusiennes", affirme un haut responsable.
En attendant, une deuxième vague de consultations va être entamée dans les prochaines semaines. Des contacts seront ainsi pris à l’échelle internationale pour présenter, expliquer et défendre la proposition marocaine.
Une grande opération de communication à l’adresse des politiques, de la société civile et de la presse est également au programme. Dans la grande bâtisse de verre des Nations Unies, le Maroc compte bien parler d’une seule voix.
Narjis Rerhaye
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